Jeudi 4 octobre 2007
4
04
/10
/2007
16:04
(Photo prise par Ariane Faribault pour " La Pensée du Bagot " 16/09/2007)
Il y a plus d'un an, au gré de mes ballades sur le net
j'ai eu l'immense plaisir de faire la connaissance de Gervais....
Ecrivain vivant à Roxton Falls village canadien du Québec, situé dans la région administrative de la Montégérie.
On dit qu'il y a des êtres qui passent dans votre vie et qui laissent des empreintes dans votre coeur : c'est le cas de mon ami
Au fil du temps une amitié sincère s'est tissée entre nous et j'aimerai vous faire partager le même bonheur que moi de le connaître
.Mais comme je n'ai pas son habilité pour manier la plume, je préfère laisser ce soin à Christiane Laforge dont voici l'article qu'elle à publié sur lui ( article publié le 27 Septembre
1998 et qui s'intitule " Le Rebelle qui aime les gens)
"Le Rebelle qui aime les gens "
Installé aux Îles de la Madeleine depuis quinze ans, Gervais Pomerleau s’est imprégné des vents de cette terre dont les
cicatrices provoquent en lui des romans.
Le jeune Jonquiérois de douze ans qui lisait « la peste » de Camus en cachette s’est mis à écrire pour donner
aux histoires l’empreinte de ses propres attentes.
"Je n’étais jamais satisfait de ce que je lisais. J’imaginais d’autres façons de mener l’histoire. Je me suis dit :
essaye donc d’en faire autant. "
Mais dans sa famille, écrire n’était pas considéré comme un métier valable, ni même viril. Son père n’a jamais su que son
fils écrivait, sa mère l’a appris trop tard pour lire un de ses livres.
Il a fait ses études, choisissant l’option boucherie parce que le diplôme était le plus rapide à obtenir. « Je
n’aimais pas l’étude. J’étais pourri en maths. Je suis un éternel rêveur. Je n’aimais que tout ce qui avait un lien avec l’écriture. »
Pour gagner sa vie il a travaillé dans une boucherie, dans une boutique de sport, dans le domaine de la construction,
comme armurier, il a fait son service militaire, pendant cinq ans, où il a pu connaître la prison. Il a été concierge, et fait d’autres métiers, le
plus souvent en contradiction avec ce qu’il aimait vraiment, excepté celui de journaliste qu’il avait pratiqué dans diverses régions. Il dit avoir
vécu dans toutes les régions de la province, incluant le nord. C’est cependant, à l’Etang-des-Caps, qu’il a trouvé son havre, loin de la route, du
bruit et des visiteurs qui s’étonnent de son isolement.
" Mon CV a une constance, l’absence de constance. Cela ne tiens pas debout ? En fait, j’étais une grande gueule et une tête de mule. "
Il ne cesse jamais d’écrire et s’intéresse aux sujets les plus complexes,
dont l’affaire Coffin. Il écrit une pièce de théâtre sur ce célèbre procès. Le Dr
Lapointe, alias Marcel Portal, lui conseille de le soumettre au concours La Plume saguenéenne. Il remporte le prix.
« Pour moi, un prix littéraire, c’est un peu comme un casier judiciaire. Cela fait bien dans un CV mais on est
pointé su doigt. Le livre qui suit, il ne faut surtout pas qu’il soit moins bon. »
Il a aussi gagné le prix du public au Salon du livre de 1996 pour « Saint-Jean-Vianney ». Tout cela ne semble
pas suffire aux éditeurs. Pendant longtemps, ses manuscrits ont été successivement refusés.
« C’est vrai que j’étais toujours un peu à
contre-courant. »
Mais il a persévéré et tenté de trouver des appuis. Il envoie son
manuscrit, « La complainte des Huarts » à Felix Leclerc, sollicitant qu’il en
fasse la préface. La réponse fut cinglante : « faites taire cet insupportable vieillard » a écrit le poète, lui conseillant de prêter plus de voix à « l’autre
personnage », ajoutant qu’il avait tout ce qu’il fallait pour ce faire. Ainsi est né « Tison Ardent » qui a finalement été accepté par les Editions Humanitas où il a publié d’autres titres depuis.
A son arrivée aux Îles, il a preté l'oreille à l'histoire d'une tragédie des chasseurs de phoques,alors qu'une famille a été décimée.Cela lui a inspiré " Les chevaucheurs de Vagues " qui se terminera au 5ème tome.
" Le propre de l’artiste c'est de penser, d’aller au-delà des émotions du commun des mortels .Entendre ce que les autres n'entendent pas
"
L'histoire démontre que la lutte est féroce entre chasseurs et gibiers et que la fin n'est pas toujours à l'avantage de l'homme.
Si l'intention est d'évoquer des faits vécus, Gervais Pomerleau avoue laisser grandir ses personnages :
"Je les imagine, après je leur donne une poussée,et je refuse les barrières.Pas un de mes romans évolue tel que je l'imaginais au départ "
Ce qu'il espère d'un livre c'est d'apprendre des choses nouvelles. En entreprenant un roman il n'y a pas que la page blanche à
couvrir de mots, il y a tout ce qui peut se révéler dans la recherche.
"Je ne veux pas
écrire un livre qui ne me donnerait aucune connaissance "
Désormais il se consacre à plein temps à l'écriture, ne pratique aucun sport, son loisir c'est la peinture
"Mon seul sport c'est la chasse aux champignons,la promenade en forêt et au bord de la mer.
"C'est par la peinture que je m'évade "
Il peint des paysages, au pinceau ou à la spatule quand il a
besoin de se sortir de l'écriture
"Je perds toute notion, je décroche de la réalité quand je peins "
Les livres demeurent son vrai métier.Même si ce n'est pas le métier le plus rémunérateur, Gervais Pomerleau a rempli maintes demandes de bourses d'aide à la
création.
"Je n'ai jamais eu de sou de toutes les instances.Je comprends que la création nécessite une
certaine dose de misère mais je serais d'accord avec un principe de soutien aux artistes comme cela existe dans certains pays d'Europe.Un artiste qui se donne à son art ne doit pas attendre la
fin du mois pour un chèque de BS "
Ses livres reflètent grandement son univers mental.Il se sent rebelle, sauvage tout en aimant les gens :
"J'aime les gens qui cherchent à se dépasser. J'aime ceux qui défendent leurs idées.J'aime les gens qui sont à taille d'Homme, qui
se battent pour leurs idéaux "
Autant de trait que l'on retrouve dans le duo Prixelde-Léocardie, ces amoureux qui n'osent avouer leur sentiment réciproque et qui deviennent les héros d'une histoire
ou d'autres deviennent les victimes d'une chasse dramatique.
Un mélange de naïveté et de courage, de détermination et de pudeur.On ne s'étonne pas que l'écrivain éprouve un deuil à la fin d'un livre.
"Le livre c'est mon enfant.Tant qu'il n'est pas sur le marché, il est mineur. Une fois sorti, une fois entre les mains du public, le livre va vivre sa propre vie"
Et pour combler le vide, l’auteur se remettra à l'ouvrage.......
Alors j'espère que vous aurez aussi l'immense plaisir de voyager dans l'univers de GERVAIS....